Comment faire votre pratique musicale avec vos enfants dans les pattes…

…qui peut s’appliquer aussi à tout autre pratique qui vous oblige à porter votre attention à autre chose qu’à vos enfants. Donc si vous avez un passe-temps, bruyant de surcroît, et des enfants pas trop civilisés, je suis sûre que ce billet va vous parler.  Voici 5 conseils pour pouvoir prendre du temps pour soi sans péter une case.

Faites abstraction de ce qu’il se passe autour de vous.

Pas facile, je vous l’accorde. Quand j’entends les cris perçants de Chamaca parce que son frère a eu l’audace de passer à côté d’elle et de la bousculer un peu ou quand je sais que Chamaco est encore monté sur la commode pour prendre un livre et qu’il risque la commotion cérébrale s’il tombe (il faudrait que je pense à ranger les livres ailleurs, je sais, je sais), je me fais violence pour ne pas courir voir ce qu’il se passe. L’avantage du violon c’est qu’on peut se balader avec un peu n’importe où dans l’appart et garder quand même un œil sur eux. Pas l’idéal mais enfin, on fait ce qu’on peut. Parfois le Mec est à la maison mais ça ne change pas grande chose. Il faut des pouvoirs surnaturels pour arriver à se concentrer sur une partition alors que je sais bien que la chambre de jeux est en train d’être ravagée par un Chamaco qui se prend pour un tyrannosaure et qu’il est en mode « je casse tout, y compris ma sœur ». Et le papa derrière qui essaye de calmer les choses. On a un peu envie de foutre le camp, mais non, on reste et surtout on résiste à la tentation d’aller s’enfermer dans sa chambre. Ne faites jamais ça ! Vous allez vous retrouver à supporter les coups sur la porte, coups de boule, coups de pied, coups de poing. Une maman qui s’enferme c’est chelou. Je sais très bien ce qu’il se passe dans la tête des mes enfants dans ces moments : « Pourquoi on peut pas entrer ? Puis qu’est-ce qu’elle fait là-dedans d’abord ? Elle est malade, maman ? Elle nous aime plus ? ON VEUT ENTRER !!! » Sans compter qu’il y aura forcément quelque chose de super important qui ne peut pas attendre et qui m’obligera à ouvrir la porte par peur qu’ils la défoncent, genre Chamaco qui m’annonce qu’il aime les dinosaures (non, parce que j’avais pas compris encore) et Chamaca qui me montre qu’elle sait mettre ses chaussures toute seule (à l’envers) alors qu’il fait nuit dehors et qu’on ne va pas sortir.

Seule solution raisonnable : s’assurer de bien rester dans leur champ de vision tout en les laissant jouer/s’entretuer/s’arranger avec leur père (au choix) pendant 15 minutes. Et oui, 15 minutes c’est un luxe.

Ne donnez pas le goût de la musique à vos enfants.

Ben oui, qu’est-ce qu’il m’a pris aussi ? Dès que je m’assois au piano j’anticipe un « Mama, mama » de Chamaca qui veut s’assoir sur me genoux. Vous pensez bien que ce n’est pas pour jouer un Concerto à quatre mains. De ses petits doigts boudinés elle tape allégrement sur les touches tout en balançant la tête. Elle est adorable, je pourrais la manger toute crue. Mais voilà, la musique expérimentale c’est pas trop mon truc. Je passe donc à autre chose. Je sors mon violon de son étui et Chamaco, qui, je suis sûre, a une vision à rayons X, arrive en courant depuis l’autre bout de l’appart : « Je veux jouer, je veux jouer ! ». Ben oui, maman naïve que je suis, je lui ai donné son propre archet. C’est très mignon, il déplace son archet sur mon violon et on joue ensemble l’Hymne A La Joie, mais ce n’est pas tout à fait l’idée que j’ai en tête d’un moment paisible moi toute seule à répéter mes gammes.

Seule solution raisonnable : dire à vos enfants que la musique c’est vilain-pas-beau ou que c’est seulement pour les grands.

Investissez dans du matériel costaud

Il n’y a rien de plus énervant : vous êtes dans un moment plein d’inspiration quand votre lutrin se casse la gueule parce qu’un de vos enfants fonce dessus comme un boulet. Ben oui, ils jouent à cache-cache. Non, ils n’ont pas encore compris le principe de cache-cache. Pourquoi les fabricants d’articles musicaux s’entêtent à faire des objets aussi fragiles ? Entre la colophane qui se retrouve par terre cassé en mille morceaux ou le métronome et son engrenage délicat qui commence à marquer le tempo comme s’il était bourré parce des petits doigts se sont amusés avec, il y a de quoi devenir zinzin. Vous pouvez vous donner tout le mal du monde à ranger vos instruments en hauteur, sous clé, dans un coffre-fort, je vous assure, un jour vous allez les retrouver assis par terre sur le carrelage, les baguettes du resto japs à la main, en train de se servir de votre guitare comme un tambour.

Seule solution raisonnable : puisque je vous rappelle que vous devez rester dans leur champ de vision (voir plus haut), faites-vous construire une cage. Pour jouer dedans hein, pas pour les enfants. Quoique. Ça rajoute un petit côté bête de cirque. Ça se trouve vous allez même les faire marrer.

Travaillez votre confiance en vous

La vérité sort de la bouche des enfants dit-on. Sauf que moi j’ai tendance à ne pas croire les miens, sinon ça fait longtemps que j’aurais arrêté. « No, no, no », ce sont les mots de Chamaca quand je joue quelque chose qu’elle n’a pas envie d’écouter. C’est du moins ce que je décide de comprendre mais si ça se trouve, ce qu’elle veut vraiment dire c’est « Non, non, non maman, ton détaché est naze, ton vibrato bof bof, et ton Fa dièse là était faux ». L’autre, il fait juste la grimace, quand il est gentil. Sinon il va aller chercher la vidéo sur YouTube parce que c’est plus joli. Donc je m’énerve forcément : « Oui bon, je joue ce que je veux d’abord. Et puis si c’est pas aussi joli que le gamin de huit ans que tu regardes là sur la vidéo c’est parce que vous ne me laissez pas répéter ! Je suis sûre qu’il a la paix, lui ! ». Sur quoi ils vont monter le volume/se mettre à chanter en chœur/ se regarder entre eux avec cette tronche qui veut dire « elle est folle maman » /me dire comme Chamaco l’autre soir « Tu n’y arriveras pas, c’est trop dur ».

Seule solution raisonnable : vous dire que vous êtes balèzes tout simplement, peu importe ce que vos enfants ont à dire, sinon c’est juste pas possible. J’envisage aussi la muselière.

Faites vous accompagner

Cherche personne pour venir chez moi très précisément entre la sieste de l’après-midi et le bain du soir. Un caractère posé est requis pour pouvoir supporter l’accueil incertain de mes enfants (selon si la dite sieste a été faite ou pas), ne pas râler si vos activités sont interrompues toutes les cinq minutes, remplir les fonctions de baby-sitter quand c’est nécessaire et ne pas être gênée par ma tenue improbable genre cheveux gras en pagaille et jean sale. Impératif de jouer un instrument musical, peu importe si c’est le gong ou l’harmonica, on s’arrangera.

C’est quand même plus cool d’être à deux pour se motiver, non ? Ici, c’est le Mec qui joue ce rôle et ça ressemble souvent à ça : « Waouh, ils sont tranquilles, ils jouent ensemble, ils ne se tapent pas dessus. Allez, vite, tu t’assois au piano pendant que je sors mon violon, tant pis, pas le temps d’accorder. Pas le temps de chercher une partition non plus, tu prends celle qui est toute chiffonnée là, avec des empreintes de chocolat. Allez merde ! On n’a que cinq minutes ! ». Effectivement, cinq minutes.

Seule solution raisonnable : Mobiliser vos réseaux sociaux pour trouver cette personne qui vous accompagnera dans votre désespoir. Evidemment vous courez le risque de voir un type relou débarquer chez vous. Et qui effraie vos enfants. Donc finalement vous le gardez.

 

Si vous avez tout autre conseil pour pouvoir tous vivre dans la joie et la bonne humeur, et surtout pour avoir un moment de calme à faire ce qui vous plaît, je suis preneuse.

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